Là, je viens de tomber…

Là, je viens de tomber…

Là, je viens de tomber…

J’ai le nez par terre… A hauteur de mousse et de feuilles mortes…

Pour tout dire, je n’ai pas encore bougé pour vérifier si quelque chose était cassé…

Je suis juste là, par terre avec comme une envie de pleurer…. En vrai, ce n’est même pas vrai… la chute n’est pas physique.. mais quand même, je viens juste de tomber…

Une histore de projet, et il y a trois jours, on m’a dit « Oui, votre projet est accepté« … et ce midi, on me dit « Non, nous nous sommes trompés…. »

OOOhhh… Zut! Je suis tombée… Il faut dire qu’il y a quelques jours déjà, j’avals trébuché et frôlé le vol plané… J’avais l’impression de m’être raccrochée mais il faut croire que non, la branche n’était pas vraiment solide…

Oui, il y a quelques jours, j’avais découvert que mes flyers et cartes de visite avaient disparu d’un magasin où je les avais laissées… Vous savez, comme on fait quand on a une activité et un budget « communication » qui n’est pas super élevé… On imprime des flyers et on  va soi-même les emmener là où on espère qu’ils vont être trouvés et contribuer… Mais voilà, dans ce magasin « éthique », tout à coup, tout a disparu… choix du responsable…  Et je lui disais que ces flyers, ces cartes de visite, ce n’étaient juste du papier… Il y a un peu de moi là-dedans, de ma créativité, de mon énergie, de mon argent aussi…. pfuuiiit!!! à la poubelle!

Alors, aujourd’hui, quand on me dit « Ce projet?… ahhh, en fait non….. » et bien là, poufff, ça me fait tomber….

Alors, puisque je suis par terre et que je n’ai pas encore l’énergie de bouger, j’en profite… J’en profite et je laisse remonter le souvenir de « putain de croche-pattes » que j’ai reçu l’année dernière et où je me suis dit « même pas mal » mais en fait si quand même un peu…

Le tableau….

Il y a 16 ans de ça, je travaillais comme infirmière scolaire et j’hésitais entre démissionner et me suicider… En fait, j’ai fait la rentrée scolaire et puis j’ai rencontré celui qui allait devenir le père de mes trois enfants…

Dès la naissance de l’aîné, je n’ai qu’une idée en tête, ne pas travailler et rester à la maison pour prendre soin de ce bébé… ce qui devient possible dès la naissance de sa soeur 2 ans plus tard… Je reste à la maison… je fais aussi le choix de l’instruction à la maison pour les enfants quand ils grandissent…  Il y a des choix auxquels le couple ne résiste pas…

2012, me voici divorcée… et j’ai un tout petit peu envisagé de retravailler comme infirmière… mais pas longtemps. je sais que c’est quelque chose que je ne pourrai pas. En fait, je sais des choses différentes, sur le corps, d’autres manières de s’en occuper… et j’ai envie de proposer cela aux gens… je souhaite avoir un « cabinet »…  Je démarre une activité en coopérative d’activités… qui ne se développe pas et que je stoppe…

2014. Ma propre activité… C’est encore et toujours ce qui est là pour moi… et cette fois, au moment où je fais ce qui est ma troisième tentative, wow! j’ai un outil qui vient de m’arriver! Je viens de suivre une classe des « Bars® » d’Access… puis une puis deux… alors… c’est parti… Je le fais… Je démarre. Du mieux que je peux avec les revenus que je n’ai pas. Un statut d’auto-entrepreneure. Un complément de RSA. Oui, je démarre avec vraiment presque rien (et les trois enfants une semaine sur deux).

J’ai fait fuir du monde. Dans le milieu où j’évoluais, tout à coup, il n’était pas super bien vu de vouloir gagner de l’argent en faisant du bien…

J’ai continué. Au bout de deux ans, j’ai eu une enquête pour voir si mon activité était viable. La conclusion de l’enquête est qu’elle ne l’était pas. (premier croche-pieds) Avec injonction de reprendre une activité salariée. Ce que je n’ai pas fait. J’ai continué. Ey il y a eu des créations magiques. Des participations à des événements géniaux et extraordinaires.

Et puis, j’ai eu une enquête sociale. J’avais été dénoncée en « menace de dérive sectaire » et mes enfants en danger. Cette fois, l’enquête a conclu que ce n’était pas le cas. Merci! Comment ça devient mieux que ça?

Sans compter l’appel de mon père pour que je change ce que j’écris sur mon site parce que ça pourrait porter préjudice à ma mère…

Quelle est la valeur de raconter cela? Qu’est-ce que cela va créer?

Juste pour dire, là, je suis tombée… là, je suis par terre… Il n’y a pas… je respire… et je ne dirai pas « même pas mal… » parce que oui, il y a des moments où ça fait « putain mal!!!!!!!!!!! » ça fait mal au coeur… ça fait mal à l’enthousiasme… ça fait mal à la douceur…

Parce qu’en fait, ce que j’aimerais, ce qui me fait envie, c’est de contribuer!  C’est pouvoir dire aux personnes « je sais qu’il y a d’autres possibilités, est-ce que ça vous intéresse qu’on les regarde ensemble? »

Et bien sûr, je voudrais pouvoir vivre de ça! Contribuer et recevoir… Encore plus…. encore plus et encore plus….

Au moment où je suis par terre, je suis tentée de demander « Qu’est-ce que j’ai encore fait de travers? Pourquoi moi je n’y arrive pas? Pourquoi les autres y arrivent et pas moi? »

En fait, j’ai de la chance, parce que je sais ce ces questions n’en sont pas… et que si je reste avec ça, ce serait juste une manière de m’enterrer vivante… et vous avez le droit de sourire!

Alors, ok… rester par terre, si je veux… encore quelques minutes… Respirer la Terre, sentir l’humus… pleurer même, si j’ai envie de pleurer… Quelle contribution mes larmes peuvent-elles être à la Terre aujourd’hui?

Et puis, choisir de demander, comme un mantra « Qu’est-ce qui est bien chez moi et que je ne vois pas encore? Qu’est-ce qui est bien dans tout ça et que je ne vois pas encore? Qu’est-ce qui est bien chez moi et que je ne vois pas encore? Qu’est-ce qui est bien dans tout ça et que je ne vois pas encore? Qu’est-ce qui est bien chez moi et que je ne vois pas encore? Qu’est-ce qui est bien dans tout ça et que je ne vois pas encore?….  »

Là, maintenant, tout de suite, je peux vous assurer que je n’ai pas la réponse… Mais je vais continuer à demander…

En plus, il y a mon projet qui là, maintenant, tout de suite est orphelin de moi… Je vois bien, il attend… Il se demande « Qu’est-ce que je vais devenir? Que va-t-elle faire de moi? »

Si ça vous tente de voir à quoi il ressemblait, c’était ICI

Ok, c’est vrai, je suis tombée… et c’est sûr, je vais me relever…. et puis comme un cheval, m’ébrouer…. et puis quoi d’autre après?

Ou bien juste me retourner?… Et regarder le ciel?

 

Siret : 798 014  551 00021

Etre en paix avec la mort, une possibilité?

Etre en paix avec la mort, une possibilité?

Etre en paix avec la mort?

 

Parce que la mort a été souvent présente dans ma vie…

Parce que la mort n’est peut-être pas la même chose pour moi et pour vous… Mais qu’est-elle d’ailleurs pour vous?

Parce que la mort fait partie de la vie… aujourd’hui, je crée autour d’elle….

Il y a eu un atelier déjà…

Et je n’en reviens pas de voir que cette invitation a parler de la mort est devenue en fait une invitation à célébrer la vie!

Alors, explorer nos représentations de la mort, sa place dans notre vie, notre relation avec elle… pour plus de paix… c’est un voyage que je vous propose durant les 21 jours qui vont précéder le solstice d’hiver….

Allez-vous vous débarrasser des oripeaux pour entrer dans la lumière du jour qui viendra après la nuit la plus longue?

 

Etre en paix avec la mort...

Le 21 Décembre 2017, à 17h, c’est le solstice d’hiver…

La nuit la plus longue de l’année…

 

Quand c’est la nuit, sait-on encore que le jour va se lever?

Cette invitation est pour les personnes qui se trouvent dans une nuit dont elles ne voient pas la fin… Pour les personnes qui ont peur de la mort, qui pensent beaucoup à la mort ou qui ont l’impression de ne pas pouvoir vivre leur vie dans son entier, dans sa plénitude…

Qu’est-ce que la mort pour vous?

Et si tout était à l’opposé de ce qu’il paraît et rien n’était à l’opposé de ce qu’il paraît? (Merci Dr Dain Heer, Access Consciousness™)

Vous recevrez une lettre par jour pendant 21 jour,  une invitation à lâcher des peurs, une inviation à recevoir, une inviation à des prises de conscience… Une lettre par jour chacun des 21 jours qui précèdent cette nuit la plus longue….

Une invitation à retrouver la paix avec la mort pour vivre enfin une vie dans la vie!

Premier cadeau! Rencontre en ligne via zoom : vendredi 15 Décembre à 20h30.

Deuxième cadeau :   entretien – facilitation individuel offert  (durée 20 minutes téléphone- skype ou zoom)

 

Est-ce le moment de vivre enfin votre vie?

 

 

 

Merci à Christian Grecu, sur Unsplash pour la photo.

Siret : 798 014  551 00021

Communion avec la Terre

Communion avec la Terre

Pourquoi je fais tout ça?

 

Toute petite déjà, je me demandais quel était le sens… le sens de tout ça, le sens de la vie…

Alors, en ce moment où je passe des heures devant mon ordinateur pour vous inviter à des classes, des événements, pourquoi je fais tout ça?

 

Est-ce que ça pourrait être pour autre chose que pour elle?

Elle, cette planète magnifique, cette Terre qui nous accueille, qui nous reçoit, qui nous porte (et nous supporte?)

Co-créer avec la Terre… Retrouver la communion…

La voir, la recevoir, en recevoir tous les cadeaux… Les recevoir comme elle nous les offre, en abondance….

Alors, oui, je vous parle d’un milliard de choses… de business, de nos corps, d’argent, d’orgasme, de relations, de famille, de sons, de manger…

Et le fil conducteur de tout cela est la joie… Une Joie à laquelle j’aimerais vous convier… Cette joie qui va nourrir la Terre… Cette joie qui va contribuer….

Et s’il n’y avait rien d’autre à faire?

Quelle différence puis-je être au monde maintenant?

 

Les photographies ci-dessous ont été prises en Brocéliande en Octobre 2017…

Gratitude à cette forêt…

Quoi d’autre est requis pour la planète? et quoi d’autre encore est possible?

 

 

 

Recevoir les Bars©

Recevoir les Bars©

Recevoir les Bars©

On me pose souvent la question « Combien de séances faut-il prévoir? »

C’est une question très intéressante! A laquelle….  je n’ai pas de réponse!

Bien sûr, je peux vous répondre : 5 séances seront nécessaires… Ou 10…

Combien de séances vont créer du changement? Et si ça dépendait de vous? Est-ce qu’une séance peut suffire? Et est-ce que recevoir de nombreuses séances va être agréable et contributif?

Est-ce qu’il est toujours possible d’avancer plus?

Vous regardez votre budget et vous vous dites que vous ne souhaitez pas investir la somme de 10 séances en vous maintenant?

Et si vous choisissiez de suivre une classe de Bars©? Une journée pour être praticien(ne) et pouvoir participer à des échanges, offrir et recevoir les Bars?

 

 

Cette vidéo a quelques mois déjà, sans doute plus d’un an…

Et j’aime toujours recevoir des séances de Bars©!

Sans attendre ces moments où c’est plus… compliqué….

« Comment ça devient mieux que ça?© »

« Recevoir, c’est l’engagement à être heureux, quoiqu’il arrive » S. O’Hara

« Recevoir, c’est l’engagement à être heureux, quoiqu’il arrive » S. O’Hara

 

Amour,

 

On ne parle pas beaucoup d’amour chez Access Consciousness…

L’amour, en tant qu’émotion ou sentiment, fait partie des harmoniques basses.. Vous savez, les “trucs” de cette réalité qui nous évitent de fonctionner en tant que l’être infini que nous sommes… Ce que nous utilisons pour nous stopper, pour ne pas créer la vie et le monde que nous savons possible de créer…

En tant qu’être infini, nous fonctionnons à partir de “percevoir, savoir, être et recevoir”… et quand nous fonctionnons à partir des pensées, des sentiments, des émotions, (et du sexe et non-sexe) nous utilisons la colère, la peur, le doute, les compulsions, les addictions, la rage, la haine, mais aussi la mort, les affaires, les relations, et encore l’amour pour rester dans la boîte…

Quand j’ai entendu ça chez Access, j’aurais eu tendance à en profiter pour “juger” l’amour et toutes ces autres choses comme “pas bien” pour l’être infini que je suis… Intéressant… On ne change pas des vieilles habitudes en quelques secondes… et peut-être que si! Mais “You get it when you get it!!!!!”

SAUF que Access, ce n’est pas pour vous donner une “enième liste de ce qui est bien, pas bien, vrai, faux…”, Access Consciousness, c’est pour renforcer en vous que “vous savez ce que vous savez!” ET la conscience inclut tout et ne juge rien…

 Alors l’amour?

Combien de fois ai-je chanté “Sans amour on n’est rien du tout…” Edith Piaf ?

Combien de personnes ai-je entendu parler de l’amour inconditionnel qui pouvait tout sauver?

Combien de personnes aurais-je voulu “sauver” en les aimant? Combien de fois aurais-je voulu être sauvée en recevant de l’amour?

Combien d’attentes, de projections est-ce que j’ai au sujet de l’amour? Et combien d’entre elles sont réellement à moi?

J’ai capté aussi toute la polarité qu’il pouvait y avoir dans cette réalité autour de ce mot “aimer puis détester”… A chaque fois qu’une personne qui me disait qu’elle m’aimait se mettait en colère contre moi, ou me faisait des reproches, c’était pour moi, comme si elle “cassait” tout ce que les mots d’amour avait construit… Et oui, dans cette réalité, nous pouvons aimer et juger… et c’est pour celà que Gary Douglas et Dain Heer nous invitent à pratiquer la gratitude plus que l’amour… juste parce que quand nous sommes dans la gratitude, nous ne pouvons pas être dans le jugement en même temps.

“Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour” P. Reverdy

Et si en fait, l’amour, comme tout le reste n’était ni bien, ni mal? Et si l’amour, comme le reste pouvait contribuer à créer une vie phénoménale ou une boîte invalidante?

 Qu’est-ce qui est vrai pour vous? Qu’est-ce qui est vrai pour toi au sujet de l’amour?
 Ces trois derniers jours, je participais à une classe pour avoir encore plus d’aisance avec les entités.
 A l’issue de la troisième journée, hier soir, donc, je suis allée marcher sous le lever de la pleine lune en bord de rivière.

Et je me suis mise à “penser” (mais était-ce penser ou à quel point ai-je perçu sa présence?) à cet homme qui a bâti ma maison…  Cet homme était charpentier. Et il avait déjà eu plusieurs vies dans cette vie-ci. Il avait été militaire. Il était père de famille, mais aussi poète, écrivain, romancier… Il cultivait en plus son lopin de terre, avait construit un four à pain…. Je me suis trouvée, à le côtoyer sur le chantier dans un espace immense. Etait-il cet espace? L’espace de ses rêves, l’espace des possibilités… Comment traduire en mots tout ce qui se vit, tout ce qui est, tous les possibles?

 A ses côtés, sur le chantier, j’ai expérimenté d’être cet espace, être cet accueil… Je ne partageais pas tous ses points de vue, mais je pouvais les recevoir… Oui, nous avons eu un peu de temps, au fil de la construction de cette maison pour échanger… et puis j’ai lu ce qu’il écrivait…
 Un jour, j’ai reconnu que je l’aimais…   Et c’était quoi l’aimer? C’était ce plaisir à être avec lui, ce plaisir à le lire… c’était cette joie à passer un moment ensemble, à voir cette maison se bâtir, à la voir grandir… c’était cette navigation dans la construction, quand des écueils se présentaient et qu’il fallait quelqu’un à la barre… et qu’il n’y avait pas UNE personne à la barre mais que des solutions naissaient des échanges (et sans doute des questions)… C’était recevoir… recevoir sa bienveillance et aussi ses doutes, ses questions… C’était regarder d’un regard émerveillé ses réalisations… c’était le reconnaître…

Etait-ce aimer, était-ce autre chose?  Je me suis jugée de ça d’abord… j’étais mariée. Il l’était de son côté. Et puis, j’ai écouté ce qui était vrai pour moi et j’ai quitté mon mari (ou nous nous sommes séparés). Je l’ai fait, pour moi, sans la moindre attente. Et j’ai commencé ma vie bizarre. Celle que personne ne comprend, ou pas grand monde. Celle où je suis pas rentrée dans la nécessité d’une activité.

 La maison s’est terminée…. Moins d’occasions de voir le charpentier… Donner encore plus de place à l’espace…  Vivre avec cet “aimer” en moi, et lâcher à chaque moment les rêves et les attentes… Donner de l’espace à l’espace… Se réjouir des occasions, des rencontres, continuer de le lire et puis me bâtir cette fois… au gré d’autres expériences….

Il me vient maintenant l’envie de t’écrire à toi, à toi cet homme dont il est question ici…

“L**, Tu es venu me voir ce jour là… Nous avons déjeuner. Nous avons bavardé. J’avais dû t’acheter une bière. Car si je ne bois plus d’alcool, je n’ai pas de point de vue à t’offrir ce qui toi, te plaît.

Et puis, tu m’as fait le cadeau de recevoir ce que je voulais t’offrir… J’avais envie de t’offrir une séance des “bars”… Une séance avec toi, allongé sur ma table de massage et moi, juste posant les doigts sur la tête…. Juste posant les doigts, ou tout moi posant les doigts?

 Et tu as dormi… Quand tu es revenu, tu m’as dit “wow!!! Quel voyage…”

Une semaine plus tard, tu m’as écrit pour me dire que tu n’étais plus en colère…

 Huit ou neuf semaines plus tard, j’ai rêvé de toi… “Nous étions allongés sur un lit, tout habillés, et je te disais, c’est fini maintenant. C’est le moment de se dire au revoir.” Puis, nous sommes sortis de la maison et tu me montrais que tu avais enlevé le toit de ta maison; tu m’as expliqué que tu voulais monter d’un étage.”

Quand je me suis réveillée, je ne comprenais pas ce rêve qui ne collait pas avec mon expérience présente.

 Et puis, 9 jours plus tard, j’ai ramassé une “chouette effraie” morte sur le bord de la route, juste sous le lever de la lune…

Le lendemain matin, une de tes filles m’écrivait pour me dire que tu étais mort.

Tu es mort en mer, alors que tu mettais à l’eau ton dernier bateau (je sais, j’ai omis de raconter que tu construisais des knorr en bois dans ton jardin)… Et si je cite ici deux textes que tu as écrits, c’est qu’ils parlent de cette mort qu’une partie de toi attendait…

 

L’ultime colline

Elle aura la forme d’une vague.

Parce que rien ne retient celui qui a largué les amares. Dans les tavernes du port on ignore son âge, son rêve, ce qu’il fait.

Le monde nucléarisé ne l’est pas que par les bombes ou les centrales. Il l’est aussi par la destruction totale du lien. Effet collatéral dira-t-on. Non effet direct. De la « créature » face à un dieu tout puissant à l’oubli des liens réels il n’y a que le pas de la modernité et celui de la technologie.

La connection à « face de bouc » remplace la prière devant un ciel vide mais l’effet est le même.

Le plus beau des cadeaux que l’on puisse faire à un homme qui franchi le demi siècle c’est bien de l’oublier. Il n’en sera que plus déterminé et il voyagera bien plus léger pour la dernière étape.

Non, vraiment. Je ne reviendrai pas en arrière.”

De ce voyage là, on ne revient pas encore. A moins que l’on soit là? Partout et nulle part?

JEUDI 30 JUIN 2011
Veille

On entend mais on n’écoute pas. On regarde mais on ne voit pas.

Le temps n’a que l’épaisseur des multiples choses inutiles qui le remplisse.

C’est pourquoi je marche lentement. Je suis descendu du train. Je n’y remonterai pas. Le monde qui est là, je ne lui reconnais aucune valeur; il n’a pour lui que la violence des pouvoirs légitimes et des nécessités fabriquées.

De loin en loin je perçois l’ultime colline; elle aura pour moi la forme d’une vague. Et la proue qui s’y engouffrera aura le bec acéré de l’aigle mais aussi son vol loin au dessus des mondanités.”

 

L’ultime colline a eu pour toi la forme d’une vague…

 Et maintenant?

J’ai résisté à tout chagrin….

Le grand amour de ma grand-mère est mort en mer de nombreuses années avant ma naissance, avant même la naissance de ma mère et la vie de ma grand-mère s’est arrêtée ce jour-là. Je ne voulais pas répéter cette histoire.

 Pourtant, hier soir quand je marchais le long de cette rivière, sous cette pleine lune qui se levait… oui, des larmes coulaient… Et j’ai demandé à chaque molécule consciente de chaque arbre, pierre, goutte d’eau, brin d’herbe, oiseau, insecte qui m’entouraient de te dire que je t’aime….

Joie orgasmique du chagrin?

 Est-ce que l’erreur a été de croire que la mort nous avait séparé? J’ai acheté (c’est quelque chose que j’adore faire) les points de vue des autres au sujet de la mort… non pas que la mort serait une fin, non pas qu’elle serait horrible, triste, dramatique…

Non, par contre, j’avais acheté l’idée qu’il fallait laisser partir les morts, les laisser-aller, ne pas les retenir dans cette dimension avec notre chagrin…

 Alors, j’ai bien fait tout ce que je pouvais pour faire “bien” depuis que tu es mort;
 Pas trop de chagrin, ne pas arrêter ma vie, choisir chaque jour de demander “Qui suis-je aujourd’hui et quelles glorieuses aventures vais-je vivre?”
 Et si “tout était à l’opposé de ce qu’il paraît être et rien n’était à l’opposé de ce qu’il paraît être?”

Et si toi, mort dans cette réalité, tu avais quand même choisi d’être là et de contribuer? Et si, même ne pouvant plus te voir, même ne pouvant plus t’entendre, te respirer, te toucher, je pouvais continuer de recevoir?

 Et si la mort n’était pas une séparation?
 Il y a ces témoignages de personnes revenues d’expériences de mort imminente, qui racontent cette conscience d’être tellement au-delà du corps…
 Et si, tout ce que tu as incarné lorsque tu tu étais en vie, était toujours là, disponible partout, tout le temps, serais-je prête à le recevoir?

Tu ne percevais pas d’autre choix que celui-là pour te libérer et libérer les tiens… Tu n’aurais pas voulu créer plus de complications, ni de drame… en même temps, tu en avais assez…

 Et maintenant, quoi d’autre est possible?

Quelle énergie, espace et conscience puis-je être pour percevoir, savoir, être et recevoir la conscience et la joie quoi qu’il arrive? Qu’est-ce qui est vrai pour moi, même si ce n’est vrai pour personne d’autre?

Que puis-je choisir de différent maintenant qui créerait une réalité différente qui marche pour moi? »

Merci à vous lecteur ou lectrice de m’avoir suivi jusqu’ici!